Copenhague : Les Etats-Unis et le reste du monde

Publié le 7 Décembre 2009

Souvent les actualités en françaises et allemands se répondent : le travail le dimanche, le paquet fiscal, le plan de relance … Depuis l’interdiction des minarets en Suisse, on parle aussi intégration et identité nationale de ce côté-ci de la frontière.


Mais aujourd’hui c’est un peu spécial. L’édito de la Süddeutsche Zeitung ne faisait pas qu’aborder le même sujet que celui de Libération et du Monde, c’était le même. Du Liban au Cambodge en passant par les Pays-Bas, ce sont 56 journaux de 44 pays qui ont cosigné cet édito pour appeler les hommes politiques présents au congrès de Copenhague à prendre leurs responsabilités. Parmi eux, seuls deux journaux des Etats-Unis, pas des plus connus, dont un seul en langue anglaise.


Pourtant, on en parle, du climat, aux Etats-Unis, ces jours-ci … Oui mais malheureusement, plutôt du point de vue du Climategate. Comme pour se rassurer de ne pas agir, les Américains se confortent dans l’idée que le réchauffement climatique, de toutes façons, ce n’est qu’une fraude des climatologues. Le discours n’est pas seulement le fait de magnats du pétrole texan : voici pour preuve une copie de la lettre adressée par quatre physiciens (et un pétrolier, quand même) à leurs collègues de la Société Américaine de Physique :



Dear fellow member of the American Physical Society:  


This is a matter of great importance to the integrity of the Society. It is being sent to a random fraction of the membership, so we hope you will pass it on. By now everyone has heard of what has come to be known as ClimateGate, which was and is an international scientific fraud, the worst any of us have seen in our cumulative 223 years of APS membership. For those who have missed the news we recommend the excellent summary article by Richard Lindzen in the November 30 edition of the Wall Street journal, entitled "The Climate Science isn't Settled," for a balanced account of the situation. It was written by a scientist of unquestioned authority and integrity. A copy can be found among the items at http://tinyurl.com/lg266u, and a visit to http://www.ClimateDepot.com can fill in the details of the scandal, while adding spice.


What has this to do with APS? In 2007 the APS Council adopted a Statement on global warming (also reproduced at the tinyurl site mentioned above) that was based largely on the scientific work that is now revealed to have been corrupted. (The principals in this escapade have not denied what they did, but have sought to dismiss it by saying that it is normal practice among scientists. You know and we know that that is simply untrue. Physicists are not expected to cheat.)   We have asked the APS management to put the 2007 Statement on ice until the extent to which it is tainted can be determined, but that has not been done. We have also asked that the membership be consulted on this point, but that too has not been done.


None of us would use corrupted science in our own work, nor would we sign off on a thesis by a student who did so. This is not only a matter of science, it is a matter of integrity, and the integrity of the APS is now at stake. That is why we are taking the unusual step of communicating directly with at least a fraction of the membership.


If you believe that the APS should withdraw a Policy Statement that is based on admittedly corrupted science, and should then undertake to clarify the real state of the art in the best tradition of a learned society, please send a note to the incoming President of the APS ccallan@princeton.edu, with the single word YES in the subject line. That will make it easier for him to count.


Bob Austin, Professor of Physics, Princeton

Hal Lewis, emeritus Professor of Physics, University of California, Santa Barbara

Will Happer, Professor of Physics, Princeton

Larry Gould, Professor of Physics, Hartford

Roger Cohen, former Manager, Strategic Planning, ExxonMobil 

 

 

Loin de moi la pensée simpliste d’une majorité qui a toujours raison. Ce qui me gêne avec l’attitude actuelle des Etats-Unis, c’est moins le côté « seul contre tous » que la malhonnêteté des arguments avancés. Voir des chercheurs se saisir de la polémique minable causée par les e-mails des climatologues, ça me rend malade. Peut-être y a-t-il quelques scientifiques fraudeurs au GIEC comme dans d’autres disciplines, mais je ne crois pas un instant à la théorie du complot. Comme Claude Allègre, ces gens essaient de manipuler l’opinion publique en lui faisant croire que le réchauffement climatique est encore un sujet débattu dans la communauté scientifique. Or si les chercheurs discutent des modèles à utiliser, des consignes à donner, des objectifs à atteindre, la notion même d’un réchauffement ayant pour origine l’activité humaine ne fait pour eux aucun doute. Ainsi que le magazine Nature le rappelle dans son édito, la correspondance volée n’a pas dévoilé de fraude scientifique susceptible de remettre en cause ce consensus. En revanche, les pressions exercées sur les climatologues, par des moyens parfois illégaux et souvent pervers, sont elles révélées au grand jour, ce qui n'est pas à l'honneur des clima-sceptiques.

Rédigé par Algue

Publié dans #environnement

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