Geena Davis 1 : UE 0

Publié le 7 Février 2013

Si vous lisez ce blog, ce n'est pas une découverte pour vous : en dépit de leurs bons résultats au lycée, les filles se font rares dans les études supérieures scientifiques, et à l'arrivée dans le monde du travail, pfuit, elles s'évaporent, presque tous les scientifiques sont des hommes. Pour ceux qui pensent que c'est normal car - c'est bien connu - on résout les équations et on lit les cartes routières avec ses testicules, un petit détour chez Catherine Vidal s'impose, pour se remettre les idées en place, et c'est dans le cerveau que ça se passe :

 

 


 

Parmi les autres, il y en a qui s'en fichent et qui se disent que les femmes sont libres de choisir le marketing, la psychologie et l'esthétique si ça les intéresse, et que c'est un non-problème. Dans ce groupe se trouvent, je le crains, la plupart des directeurs d'établissements supérieurs.Mais bon, comme ça fait mauvais genre de l'affirmer tout haut, ils font mine de vouloir se rapprocher de la parité.

 

Il y a ceux qui s'indignent, comme la comédienne Geena Davis. Outrée par la passivité des personnages féminins dans les programmes télé pour enfants, elle a créé une fondation qui étudie les biais de représentation dans les média, conçoit et diffuse des formations à l'attention des enfants, des étudiants et des professionnels de l'industrie audiovisuelle. Son mot d'ordre : "If she can see it, she can be it !". Nos vocations se façonnent à travers notre imaginaire, qui est lui-même modelé par les images quie nous percevons. Ainsi, en variant les images auxquelles les enfants sont exposés, on peut libérer leur imaginaire des stéréoptypes. Bref, de la recherche, de l'action, du réseau : une belle initiative, justement couronnée par un Google Impact Award.

 

De notre côté de l'Atlantique, la Commission Européenne s'est, elle; illustrée avec un clip super naze (qui a dû coûter une fortune, tandis qu'il paraît que le Prix de la Vocation Scientifique des filles, dont l'impact me semble bien plus concret, a lui été supprimé).

 

 


 

Du rose, des talons, du maquillage ... On est soulagés, ça change des caricatures ! Je ne crois pas que cette vidéo très convaincante pour séduire une lycéenne qui hésite à se lancer dans des études scientifiques, mais elle nous a bien fait rire au laboratoire. Pendant quelques semaines, toutes les physiciennes du couloir avaient adopté ce petit rire de pouffe qui semble symboliser la femme auprès des institutions européennes. D'autres ont été tellement choqués par la vidéo qu'ils ont commencé à en tourner des versions alternatives, parodiques ou sérieuses. L'UE a récupéré le phénomène, qui a pris la forme d'un concours de vidéos. Beaucoup prennent des filles comme héroïnes, celle-ci me semble très fidèle à la science telle que je la vis. Amusante, avec des hommes et des femmes, ensemble. Tout simplement.

 

 

Rédigé par Algue

Publié dans #féminisme

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The Heartsless Witch 09/05/2014 15:13

il est intéressant cet article !
perso, je ne suis pas une scientifique, par contre j'ai toujours été très fan de Dana Scully dans X-Files, pour une fois qu'on montrait deux partenaires de boulots où les rôles ne sont pas
sexualisés à mort ! ça faisait du bien !
et puis j'ai lu des interview et des commentaires de "fan" de Gillian Anderson qui disaient qu'elles s'étaient lancées dans des études scientifiques grâce à Scully ! j'avais trouvé ça super
chouette !

Algue 12/05/2014 12:14



Tiens, je n'avais jamais fait le lien mais en effet, j'étais moi aussi fan de Scully quand j'étais ado !