La parité, une histoire de bonnes femmes ?

Publié le 26 Juin 2013

A la recherche d'un nouvel équilibre hommes-femmes dans l'enseignement supérieur et la recherche. C'est le titre d'un rapport rendu il y a deux semaines au Sénat par la sénatrice Françoise Laborde, téléchargeable ici. Parmi les données présentées y figure le graphique ci-dessous, illustrant l'équilibre hommes-femmes au CNRS en 2010. On y apprend sans surprise qu'à part en biologie et en sciences humaines, les femmes sont minoritaires parmi les chercheurs. Ce qui est plus choquant, c'est que plus elles sont nombreuses dans une discipline en début de carrière, plus leurs perspectives d'évolution sont mauvaises. Ainsi, la biologie, championne de la parité au moment du recrutement, obtient le bonnet d'âne pour les promotions des femmes. Rien de nouveau sous le soleil.

 

FemmesCNRS

 

Alors, comment faire pour arriver à un nouvel équilibre (ou même à un équilibre tout court) ? Hélas, même les pistes suggérées par le rapport montrent combien on est loin de l'égalité. Par exemple,la délégation regrette que peu d'institutions de recherche et d'enseignement supérieur se soient dotées d'unE chargéE de mission à l'égalité. Pourquoi une femme, forcément ? Militer pour l'égalité, cela devrait être affirmer que les métiers n'ont pas de genre, qu'on peut être maïeuticien (sage-homme si vous préférez) ou présidente directrice générale. Prétendre que les hommes sont trop bêtes pour comprendre les problématiques liées à la parité est aussi contre-productif que leur dire qu'ils ne savent pas passer l'aspirateur.

 

Autre exemple, plus classique : partant du constat que les chercheuses sont pénalisées dans leur évaluation (qui se fait à intervalles fixes de 4 ans) par d'éventuels congés maternité, la délégation propose d'allonger la période considérée pour l'évaluation de la durée du congé maternité. Chouette, me direz-vous. Et bien non. Une telle loi, limitée aux femmes, n'incitera pas les chercheurs hommes à prendre et encore moins à étendre leur congé paternité. Le sous-entendu, encore une fois, c'est que les congés parentaux sont réservés aux femmes. Comme si le cordon ombilical, au lieu d'être coupé à la naissance, enchaînait à vie les femmes à leur progéniture et les condamnait à être celle qui garde les bébés, va chercher les enfants à l'école, les veille quand ils sont malades.

 

Enseigner, c'est répéter, me disaient mes parents profs. Alors pour les sénateurs qui n'ont pas encore bien compris, on récapitule : NON, la parité ce n'est aps faire évoluer la mentalité, les habitudes et le style de vie des femmes pour qu'elles se transforment en hommes. OUI, la parité c'est faire évoluer la mentalité, les habitudes et le style de vie des hommes et des femmes pour que chacun et chacune trouve un juste équilibre entre vie familiale et vie professionnelle.

Rédigé par Algue

Publié dans #féminisme

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