Le bel exemple du Costa Rica

Publié le 21 Janvier 2010

FermePapillon

Après l’échec de Copenhague, on a beaucoup parlé des Etats-Unis, de la Chine et des autres pays en développement … bref, des mauvais élèves. Il m’a fallu attendre hier pour trouver, dans un article du Monde, un commentaire venant du Costa Rica. Le Costa Rica, c’est un tout petit état, coincé entre Panama et le Nicaragua, que l’on surnomme la « Suisse d’Amérique Centrale ». Et comme vous allez le voir, pas seulement à cause de ses montagnes.

 

Le Costa Rica est un acteur majeur de la protection de la biodiversité. Son territoire minuscule abrite près de 5% de la biodiversité mondiale. Facile, me direz-vous, pour un pays qui entre ses deux côtes compte pas moins de trois chaînes de montagnes ? Pas tant que ça … La tentation pourrait être grande de profiter de ce climat pour développer une agriculture qui dévorerait progressivement la forêt. Ou de bétonner la côte pacifique, avec ses plages de sable blanc et ses palmiers. Mais si le Costa Rica est effectivement un grand producteur de café, de bananes et de cacao (c’est comme ça que son économie a démarré au XIX° siècle), et une destination touristique réputée, sa prospérité est surtout le fruit de choix politiques courageux : en imposant l’instruction gratuite et obligatoire puis en supprimant l’armée, il se démarque nettement de ses voisins d’Amérique Centrale et d’Amérique du Sud. Résultat, en 1996, Intel s’implante au Costa Rica. Neuf ans plus tard, l’entreprise publie un rapport expliquant que le pays a dépassé ses attentes en termes de compétences techniques et managériales, et qu'elle a remplacé ses cadres expatriés par des locaux bien plus tôt que prévu. Son économie fortifiée par cette entrée dans le domaine de la haute technologie permet au Costa Rica, moins dépendant de l’ariculture et du tourisme, de prendre des mesures exigeantes pour protéger son patrimoine naturel, notament en refusant la prospection pétrolière dans ses terres. Plus du quart du territoire est classé (réserve ou parc national). L’activité touristique est développée mais très encadrée : impossible d’accéder à la plupart des sites sans guides. Et aujourd’hui, on ne parle plus au Costa Rica de déforestation, mais de reforestation.

 

Je trouve qu’on devrait plus souvent raconter l’histoire de ces pays qui montrent que quand on s’en donne les moyens, on peut protéger l’environnement, éduquer correctement tout un peuple et pas seulement une élite, se passer d’armée et de violence …

 

Pura vida !

 

PS : sur la photo, c'est une ferme à papillons à La Paz. On y voit des chrysalides et un papillon Morpho. Ses ailes bleu électrique ont fait de lui l'emblème du Costa Rica.

Rédigé par Algue

Publié dans #environnement

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Leïla 27/01/2010 09:30


une idée pour tes prochaines vacances?
merci de nous montrer des exemples positifs, ça compte!


Algue 27/01/2010 23:12


J'y ai été en 2006 et j'ai été impressionnée : autant d'énergie investie dans la protection de la nature, l'éducation et la paix ! Le pays et ses habitants valent vraiment le détour, on en revient
plein de confiance, en se disant que l'éducation est décidément une solution bien plus efficace que la guerre ou la diplomatie pour faire changer le monde dans le bon sens ...