Poissons de sable et serpents en chaussettes - 2

Publié le 27 Juillet 2010

Sock.pngAprès une semaine de conférences et une autre de festival de sciences, me voici de retour avec mes reptiles préférés. Cette fois-ci nous resterons à la surface de la terre, nous parlerons de la locomotion des serpents et des drôles d'expériences qui permettent de la comprendre.

 

Serpent-fakir

 

Les premières expériences portent sur les sols rugueux : en posant le serpent sur une planche à clous, on peut montrer qu’il prend appui sur ces clous avec ses flancs pour se propulser vers l’avant. Dans la vraie vie, il utilise de la même façon cailloux ou branches qui traînent sur son passage. Mais il avance aussi sur les surfaces lisses … Comment fait-il ?

 

Serpent-phoque

 

Facile ! répondent les gens qui ont observé de près le ventre du serpent : il est lui-même rugueux ! En effet le dessous de l’animal est pavé d’écailles qui s’arrangent comme des tuiles sur un toit, chacune au-dessus de sa voisine. Le serpent avancerait alors comme le skieur de randonnée qui a couvert ses skis de peau de phoque, un revêtement qui glisse facilement dans le sens de la montée et presque pas dans le sens de la descente. Pour tester l’hypothèse, on place le serpent  préalablement endormi (il suffit de le mettre au frigo) sur un plan incliné lisse et on le laisse glisser à plat ventre tête en avant, queue la première ou perpendiculairement à la pente. Effectivement, la vitesse de glissade – et donc le coefficient de friction- est différente selon l’orientation de la bête.

 

Des chaussettes à la 3D

 

Et si on supprime cette asymétrie alors ? Pour ce faire, on emballe le serpent (sauf la tête – pas besoin d’appeler Brigitte Bardot) dans un tissu bien isotrope (qui glisse aussi bien dans toutes les directions) avant de le lâcher sur un sol lisse. Au début, il ondule comme d’habitude, essayant de pousser sur ses flancs. Gauche, droite, gauche … il s’agite mais fait du surplace. Puis il s’adapte, choisissant une démarche plus complexe qui sort du plan horizontal. Un peu comme nous quand nous rampons : nous hissons vers le haut la partie supérieure de notre corps. Et ça marche, même si la nouvelle technique ne porte plus le si joli nom de slithering.

 

Serpent-poisson

 

J’ai failli conclure sans vous rappeler que, non contents d’être performants sur un sol lisse ou rugueux, dur ou mou, même quand on leur ajoute un handicap sous forme de chaussette, les serpents sont aussi d’excellents nageurs … Impressionnant, non ? Enfin, voici deux liens, pour voir de jolies vidéos de David Hu et surtout de ses serpents qui rampent, vers le site de la National Science Foundation et celui de Discovery Channel . Enjoy !

 

Rédigé par Algue

Publié dans #recherche

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Catherine 15/09/2010 22:12


Magnifique ta doc sur les serpents !
A bientôt !