Une petite minute so 90's

Publié le 25 Octobre 2011

Un soir où, interrompant mes lectures neuroscientifiques, je zonais sur Internet à la recherche des chansons de mon adolescence, je suis tombée sur cette interview de Justine Frischmann. Pour la plupart des gens, Justine Frischmann est au pire une inconnue, au mieux l'ex du chanteur de Blur, parfois quand même comme la chanteuse d'Elastica.

 

 


 

 

 

 

Interrogée en 2002 sur le pourquoi du comment de la dissolution de son groupe, et de sa séparation d'avec Damon Albarn, elle livre surtout un témoignage émouvant sur le mythe du "sex, drugs and rock&roll" et sur la britpop en particulier.

 

Car Justine Frischmann a un point de vue bien particulier sur le mouvement. Fondatrice du groupe Suede qui en est l'initiateur, elle s'en échappe aussitôt pour fonder un groupe quasi-exclusivement féminin, Elastica. De retour en Angleterre après une tournée frénétique aux États-Unis, elle découvre, désabusée, qu'elle ne se reconnaît plus dans un mouvement qui a évolué :

 

"We got back from America and Blur had made The Great Escape, which I thought was a really, truly awful album - so cheesy, like a parody of Parklife, but without the balls or the intellect. And Oasis were enormous and I always found them incredibly dreary. There was this uncritical reverence surrounding the whole thing... it had seemed to me that maybe I was part of some force that was going to make music edgier and more interesting and then suddenly Blur were playing Wembley stadium and it was gone."

 

Elle explique avec honnêteté et lucidité combien il est facile, dans un tel moment de doute artistique, de fuir la réalité dans les drogues. De se conformer aux stéréotypes :

 

"Yeah, there was a lot of excessive behaviour in my band. Absolutely. But I do think it's part of the whole rock myth [...]. You know: "Part two, they all become junkies and die.""

 

Quant au sexe, c'est apparemment un peu décevant pour les rockeuses :

 

'Ironically, when Elastica was doing really well, I found that men used to run a million miles from me. It was the most dry time in terms of getting offers, or people seeming interested. It just seemed to absolutely terrify them.'

 

Il leur reste bien les rockeurs, mais ceux-ci ont alors une fâcheuse tendance à leur faire de l'ombre :

 

"I could relate to [Marianne Faithfull] thing about having the very successful boyfriend and slightly giving up on life, thinking: "I'm not even going to try and compete." I think that's quite a female thing, that if you're around men who are very competitive, you just end up thinking: "Fuck it, I'm just not even going to go there."" 

 

Aujourd'hui, Justine Frischmann vit aux États-Unis, peint et expose à San Francisco. Ce que je trouve infiniment plus classe et plus rock&roll que de mourir à 27 ans (Oui, j'avoue, j'ai 28 ans et j'ai été traumatisée par la mort d'Amy Winehouse avant son 28° anniversaire).

 

Rédigé par Algue

Publié dans #rock&roll

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