Physique et égalité : des nouvelles du front

Publié le 23 Décembre 2012

Et des pas réjouissantes ... Jugez-en plutôt !

 

StatsWomen.pngVoici les statistiques toutes fraîches de l'American Physical Society sur le pourcentage de femmes parmi les diplômé(e)s de physique aux États-Unis. Rien que l'échelle fait peur : si on atteignait 25 % de femmes, on crèverait le plafond ! Les autruches qui aiment se planter la tête dans le sable ne regarderont que 2 des 3 courbes, et diront que "bah oui, ça croît doucement ce pourcentage, mais il faut du temps pour changer les mentalités", et que d'ici 3 ou 4 générations on en sera sûrement à la parité (sauf que je soupçonne certains d'entre eux de souhaiter que la "mode" de la parité soit tombée en désuétude bien avant). Les autres, ceux que les premiers traietraient de féministes enragés, remarqueront tout de suite la courbe verte. C'est celle qui représente les diplômés de licence et elle décroît depuis quelques années. Ce qui signifie que dans 4 ou 5 ans, les courbes bleues et violettes l'imiteront. On ne fait pas de doctorantes en physique à partir de licenciées en sociologie : si la source de physiciennes se tarit au niveau de la licence, on voit mal comment pourraient surgir du néant des physiciennes expérimentées.

 

Enfin, si cela peut vous rassurer, les filles, vous vous en sortez quand même plStatsMinoritiesutôt bien, comparées aux étudiants américains issus des minorités (Afro-américains, Latinos ou Indiens d'Amérique). Pour eux, c'est à 10 % que ça plafonne, dès la licence, alors qu'ils représentent un tiers de la population en âge d'étudier. Ils sont donc trois fois plus rares que ce qu'on pourrait attendre, alors que les filles sont seulement moitié moins nombreuses que ce qu'elles pourraient être. L'histoire ne dit pas ce qui arrive aux femmes noires, mais on a un peu peur pour elles.

 

C'est important de garder ces chiffres en tête, car trop souvent le débat sur l'égalité porte sur la seule question des inégalités de genre, et ce ne sont pas les plus marqués dans le monde de la recherche et de l'enseignement supérieur. Dans les conférences de physique auxquelles j'ai assistées, il y avait toujours des femmes dans l'assistance (pas toujours parmi les invitées). En revanche, cela m'est arrivé souvent de ne pas voir le moindre Noir. Y compris aux États-Unis, dans des groupes comptant plusieurs milliers de personnes. C'est quand même la honte ...

Rédigé par Algue

Publié dans #physique

Repost 0
Commenter cet article